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Crise du coton et du PVI : Éviter l’emballement

Il vaut mieux prévenir le risque de laisser l’inconstance politique et économique chronique déboucher sur de l’emballement et de l’emportement.

De la  crise du PVI  à celle du coton, le Bénin traverse des situations de confusions dont la gestion reste plus que douteuse.

Dans un contexte où rien n’est stable, où une chose et son contraire peuvent se faire pour n’importe quelle raison, il faut tout faire pour éviter des réactions d’emballement, c’est-à-dire d’emportement irréfléchi.

L’allure que prennent aussi bien la crise autour du Programme de vérification des importations nouvelle génération (PVI) que celle de la filière du coton est assez inquiétante.

Dans un cas comme dans l’autre, le scénario est le même. Tous les éléments agités aujourd’hui pour être en situation de crise ont toujours été présents. Dans un cas comme dans l’autre il existe des situations critiquables et des pratiques passibles de poursuite judiciaire. Mais on s’y prend de manière à aggraver davantage les problèmes à faire courir à l’Etat le risque de mal défendre les intérêts de la nation et à se faire ridiculiser.

Dans le cas du PVI par exemple, qui ne se rappelle pas les manifestations et les prises de positions  pour célébrer la qualité du programme ? Qui ne se rappelle pas la manière dont les douaniers ont été traités de tous les noms au début de la mise en œuvre du programme ? Qui ne se rappelle pas que le chef de l’Etat pendant longtemps a martelé que le PVI était incontournable pour les réformes portuaires afin d’accroître les recettes de l’Etat ? Les ministres ont sillonné toutes les contrées du pays pour vanter les mérites du programme. Les voix qui se levaient pour dénoncer les faiblesses du contrat de Bénin Control et de l’Etat béninois étaient indésirables (cf La Croix du Bénin N° 1134 du 24 février 2012). Il y a eu même un remaniement technique du gouvernement à cause de ce programme.

Et puis vlan ! on est passé à l’autre extrême.

Désormais, rien n’est bon dans l’exécution du PVI (Cf. Conseil des ministres extraordinaire du 2 mai 2012).

Les chaînes de télévision rendraient un énorme service à l’opinion publique si elles pouvaient mettre côte à côte les déclarations d’hier et les affirmations d’aujourd’hui.

Dans le cadre du coton, le même système gère la filière depuis 2009, pour ne pas remonter plus loin, avec ses forces et faiblesses. Depuis le début des années 2000, où l’Etat a opté pour la libéralisation de la filière coton il a cédé progressivement les différentes fonctions  aux opérateurs privés. Comme le montre un article de notre confrère Jocelyn Nénéhidini dans le N° 1807 de Le Matinal du 25 mars 2004, les mises en garde de certains cadres de l’administration n’ont servi à rien. Jusqu’à ce que, en septembre 2008 l’Etat sorte totalement de la filière coton. Une situation extrême que Kérékou a évité jusqu’à quitté les affaires. Dès lors la filière a été toujours gérée par l’Association interprofessionnelle du coton (AIC), association faîtière de la filière regroupant les producteurs, les importateurs d’intrants et les égreneurs. Ceci à travers un accord-cadre entre l’Etat et l’Association interprofessionnelle du coton.

Brusquement, éclate une crise expliquée par des pratiques de malversations qui sont loin d’être nouvelles.

Il vaut mieux éviter de jouer avec notre destin. Et de donner l’impression que rien n’est stable.

Qu’est-ce qui donne l’assurance que la campagne cotonnière 2012-2013 sera sauvée ? Surtout qu’en réalité c’est toujours les mêmes acteurs aussi bien du côté du gouvernement que du côté des opérateurs économiques qui sont appelés à mettre en œuvre les mesures de sortie de crise décidées par le gouvernement.

S’il y a des contentieux politiques occultes, il est plus intelligent de les gérer sans compromettre dangereusement l’économie nationale et l’équilibre fragile auquel tient la paix d’une nation.

André S. Quenum

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Pour un vrai débat sur « Comment améliorer le système d’enseignement supérieur privé au Bénin »

Gino AlavoDans le cadre de l’expansion  de ses programmes, j’ai eu le mérite d’être sollicité par la chaîne internationale Africa24 pour participer à sa nouvelle  émission de talk show « l’AFRICA NEWS ROOM spécial  BENIN»  en direct. C’était ce lundi 17 octobre 2011.

L’émission,  séquencée en 4 temps forts ( actualité africaine et internationale – Dossier
“Pays du jour”- Invité – Chronique du jour), a connu la participation
de notre ministre béninois de l’enseignement supérieur, monsieur François
ABIOLA.

Le menu des échanges était fort appétissant puisqu’il s’agissait pour le patron de
ce département pour lequel l’Etat béninois consacre presque 20% de son budget
et un enseignant acteur du système, de débattre sur un sujet d’actualité :

« La prolifération des écoles d’enseignement supérieur privées » avec des
questions objectives (Quel est le processus d’ouverture d’une école privée ?
Comment l’Etat fait il pour contrôler cela ? Quelle est la qualité de
l’enseignement ? Qui enseigne ? Quel est le nombre d’élèves, d’où viennent-ils
et quel est le coût de la scolarisation ? etc
.)

L’exercice n’est pas fort aisé car accepter se soumettre à la discipline du débat
démocratique, lequel met les faits, les concepts, les arguments et les actions
à l’épreuve de la contradiction, est certes difficile et long à apprendre. Mais
le jeu en valait la chandelle. Car ceci a le mérite d’éclairer les
téléspectateurs béninois sur les propositions d’un acteur enseignant et les
initiatives d’un gouvernement pour lequel le secteur de
l’éducation est considéré comme une priorité nationale pour le développement.

Malheureusement, malgré l’importance du sujet et son intérêt national, la jeunesse aurait espéré une  objectivité dans ce débat concernant notre pays, surtout quand il s’agit de questions essentielles comme l’enseignement supérieur qui la concernent en premier. Les
citoyens ont été insatisfaits. Beaucoup de jeunes à l’intérieur du Bénin comme
à l’étranger nous ont envoyé de nombreux messages via facebook, sms,
emails et se sont demandés à quoi a donc servi l’annulation de la participation
de Mr Nourou Dine SAKA SALEY, au profit de celle du Ministre, visiblement mal
ou pas du tout préparé le 17/10/2010, s’il lui fallait revenir tout seul
s’exprimer lors du JT sus cité. Les téléspectateurs béninois ont par ailleurs
remarqué l’embarras du ministre de l’enseignement  supérieur dès qu’il avait un débatteur en face, et sa relative tranquillité le lendemain lors du JT du 18/05/2011 où il était seul.

C’est pour répondre à cette attente qui a n’a pas été comblée, qu’il me semble fondamentale de faire partager à un plus grand nombre de béninois ce j’ai dit en « Off », c’est à dire hors caméra.

Puisque les hommes constituent la véritable richesse d’une nation, l’enseignement et l’éducation sont des investissements fondamentaux pour notre pays qui aspirent à la libération économique. Les ingénieurs, les médecins, les comptables, les professeurs mais surtout les techniciens et les entrepreneurs constituent l’armature d’acier d’une économie.

Décidé à devenir à partir de 1868 une puissance économique moderne, le japon s’est d’abord doté d’un bon système éducatif élaboré de concert avec toutes les composantes politiques du pays, sa société civile et les acteurs du domaine quelque soit leur niveau d’intervention ou de compétence. Le tout a été chapeauté par une loi d’orientation et de
programmation.

L’étonnante réussite de la Chine et bientôt du Ghana montre bien que « tout est dans l’homme ».

En ce qui concerne notre pays le Bénin, tel n’est pas encore le cas. Certes le nombre de béninois scolarisés entre 1960 et 2010 a augmenté dans des proportions considérables mais l’inadaptation de l’enseignement aux changements économiques et les lacunes de la formation professionnelle l’ont privé de la richesse humaine. A l’heure actuelle

- la majorité des bacheliers béninois (70%) s’orientent vers les filières du secteur tertiaire dont l’offre d’emploi est inférieure à la demande des diplômés arrivés sur le marché travail.

- 84% des établissements privés d’enseignement supérieur sont établis dans le sud du pays en l’occurrence les départements de l’Atlantique-Littoral et de l’Ouémé-Plateau

- 50 % des centres de formation privés ont des effectifs inférieurs à 100 étudiants

- le pourcentage de candidats au Bac série C tend vers zéro, il est d’à peine 3,2% en 2005 et de moins de 1,5% en 2010 ? Savez-vous qu’il y a des établissements publics de renom qui n’ont plus de terminale C.

Et en dépit de ses spécificités, l’enseignement supérieur privé fait face
globalement aux problèmes que l’on peut résumer en quelques points :

 

- une inadéquation du cadre institutionnel qui permet toutes les interprétations et les déviations administratives

- une inadéquation des infrastructures pédagogiques et administratives, une insuffisance de personnel d’encadrement administratif comme personnel enseignant qualifié

- une absence de référentiels cohérents et un manque d’harmonisation des programmes de formation de sorte que chaque établissement privé d’enseignement supérieur fonctionne avec ses propres programmes sans aucun lien avec ceux des autres établissements

- une insuffisance du système de contrôle et de suivi-évaluation des programmes exécutés faute d’un cadre institutionnel fiable puisque l’Etat ne dispose pas d’un dispositif cohérent de contrôle et de suivi des programmes de formation exécutés dans les établissements privés d’enseignement supérieur

- la non reconnaissance des diplômes post BTS délivrés par les universités et les établissements privés d’enseignement supérieur.  Cette situation qui crée de graves préjudices aux apprenants, à leurs parents finit par discréditer les établissements privés qui délivrent lesdits diplômes

- l’absence d’un examen national dans plusieurs  filières de BTS autorisées par l’Etat obligent les promoteurs de certains établissements privés d’enseignement supérieur à convoyer en Côte d’Ivoire surtout, un nombre important d’étudiants pour y passer un examen parfois hypothétique

- la fixation anarchique des frais de formation du fait de l’absence d’une subvention de l’Etat autorise les dérives et anarchies qu’on observe dans beaucoup d’établissements.

 

Il faudra à terme une collaboration entre les universités publiques et
les établissements privés d’enseignement supérieur, encourager les
établissements privés d’enseignement supérieur à s’impliquer dans la recherche
de solutions sur les problèmes de l’enseignement supérieur au Bénin lors des
rencontres concernant le fonctionnement de l’enseignement supérieur et la vie
estudiantine en général. Le modèle français d’attribution d’aides
universitaires (bourses, secours scolaires) qui est dépassé depuis 35 ans doit
faire l’objet d’une remise en question et d’un abandon pure et simple pour un
système beaucoup plus juste basé sur des critères sociaux (lesquels critères
prennent plus en compte les notions de justice sociale, de niveau de revenus
des parents et d’égalité). Par ailleurs, l’absence de lien formel entre les
établissements privés d’enseignement supérieur et le système national de
recherche scientifique amène à la méconnaissance des établissements par
la direction nationale de recherche scientifique, à l’absence de laboratoire
privé ou accrédité et à l’absence tout court d’une politique de formation
d’enseignants chercheurs pour le secteur privé.

 



C’est pourquoi, au delà d’un décret gouvernemental dont parle le ministre de l’enseignement supérieur qui ne viendra que s’empiler une fois de plus sur un arsenal législatif existant depuis les indépendances et déjà constitué d’une ordonnance, de 5 décrets, de 4 arrêtés et de 2 lois, il nous semble que certaines actions sont à réaliser à
court, moyen termes (actions urgentes et importantes) et à long terme (actions
importantes mais pas urgentes
) :

A court et moyen termes, il va s’agir de

- mettre en place un référentiel  des formations universitaires post-bac et des
diplômes nationaux

- réaliser leur contrôle institutionnel (agrément, homologation  et accréditation des programmes de formations)

- améliorer le cadre institutionnel actuel afin qu’il soit propice non seulement au développement des établissements privés  d’enseignement supérieur mais aussi à une meilleure régulation de leur développement sur tout le territoire

- créer une cartographie des établissements de l’enseignement supérieur privé comme public accessible sur le site du ministère et coordonner les activités de tous les établissements présents au sein de chaque zone académique

- repenser à la question du financement public des établissements d’enseignement supérieur privé.

 

A long terme

- Aborder l’enseignement supérieur et la recherche sous l’angle  territorial car il existe des déséquilibres territoriaux

- mettre en place des rectorats d’académie avec des recteurs dont la mission est d’élaborer et de mettre en œuvre la politique relative à l’ensemble des formations postérieures au baccalauréat, initiales et continues

- faire signer les diplômes nationaux par le recteur, responsable de l’académie dont relève l’établissement, le responsable de l’établissement et l’impétrant

- régler le problème des diplômes délocalisés, des co-diplômes et de la formation à distance

- rétablir le calendrier scolaire et universitaire qui démarre normalement en septembre-octobre de l’année n pour prendre fin en juin de l’année n+1.

 

A quand le vrai débat participatif sur la question ?

 

Pour le reste, je laisse le soin à d’autres spécialistes (professeurs d’université, maîtres de conférence, chercheurs, inspecteurs de l’enseignement supérieur etc.) d’apporter leur contribution pour compléter cette réflexion.

 

1°) Débat Africa24 du 17/10/2011 entre le ministre de l’enseignement supérieur monsieur François ABIOLA et monsieur Gino ALAVO, enseignant et chargé d’études chez
MédicisCo :

http://dai.ly/n1Jh5Z

 http://www.dailymotion.com/video/xlr204_anr-du-17-10-2011-benin-education-partie-2_news

 

2) Interview du Dr Désiré BALOUBI, Professeur
d’anglais et de linguistiques de l’Université Shaw en Caroline du Nord (USA)
sur l’enseignement supérieur au Bénin. Réalisés par les journalistes de
BéninGate, Fernand SOMADJAGBI et Vital PANOU :

http://beningate.net.over-blog.com/article-quels-sont-les-dysfonctionnements-fondamentaux-de-l-education-nationale-beninoise-approches-de-solu-83468862.html

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Y a-t-il des leçons à tirer des soulèvements populaires dans le monde arabe pour le continent africain?

Léonard WantchékonL’effondrement du régime du colonel Khadafi après 42 années incontestées à la tête de la Libye, envoie un signal fort à d’autres pays comme la Syrie ou encore Bahrein, où le pouvoir est clanique et dynastique. La confiance de ces dirigeants inamovibles qui se croient immunisés contre le mécontentement de leur peuple, prend aujourd’hui un coup dur. Les révolutions arabes en Egypte, en Tunisie, au Yémen, ou encore en Libye envoient également un signal fort aux régimes sclérosés en Afrique subsaharienne. Le sirroco des révolutions arabes atteindra-t-il la région.

Lire ici la contribution du Professeur Léonard Wantchékon.

Source: La Voix de l’Amérique

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November 18-20, 2011 POPE BENEDICT XVI in Benin, West Africa

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L’INTERVIEW – Cheick Modibo DIARRA – Mali sur AFRICA 24

 


L’INTERVIEW – Cheick Modibo DIARRA – Mali by AFRICA24

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Editorial du 16 Septembre 2011: Accoutumés!

Les révélations fracassantes et surréalistes de Robert Bourgi défrayent la chronique en Europe et en Afrique. Cet avocat franco-libanais a raconté, dimanche dernier, comment de la part de certains chefs d’Etat africains il apportait des mallettes pleines de billets à Jacques Chirac et Dominique de Villepin (www.lacroixdubenin.com). Que ces accusations soient entièrement vraies ou non, elles trahissent le niveau incroyable de pourriture de la politique française et de la « Françafrique » du passé et du présent. Mais, c’est surtout la dimension africaine de cette affaire qui devrait occuper notre attention.
Les réactions en Afrique varient entre la colère d’une partie de l’opinion publique et les efforts de démentis ou de banalisation des entourages des chefs d’Etat accusés d’avoir financé à coup de millions d’euros des leaders politiques français. Mais une grande partie de l’opinion s’indigne un peu et passe vite à autre chose, pendant que d’autres leaders politiques sur le continent doivent se réjouir de n’avoir pas vu leur nom cité.
Quelques jours après les fracas médiatiques provoqués par ces accusations, ce à quoi on assiste d’ordinaire est en train d’arriver. On crie un peu, on se tait vite, et on passe à autre chose. Au final, ces situations majeures de corruption et d’injustice demeurent des sujets de discours d’orateurs et d’acteurs velléitaires. On a vu ici les dénonciations faites sur les plus grandes fortunes de présidents africains. Elles sont restées sans suite.
Or le plus grave dans cette nouvelle affaire n’est pas le fait de l’accusation, ce ne sont pas les montants astronomiques. Le plus grave, c’est de voir à quel point nous sommes accoutumés du fait. Tant et si bien que nous sommes blasés et impuissants face à des situations d’une telle ampleur. La justice dans les pays africains n’est pas assez indépendante pour s’autosaisir de l’affaire ou ouvrir une enquête préliminaire.
Les autorités morales, religieuses et l’élite intellectuelle ne se montrent pas assez puissantes pour jouer leur rôle de façon profonde, structurelle et durable sur des questions de ce genre. Or il vaut mieux ça pour éviter qu’un jour, les jeunes et les masses n’entrent dans des colères incontrôlées, comme celles du printemps arabe.

André S. QUENUM

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Editorial du 9 Septembre 2011: La prison interpelle

Les feux des projecteurs se sont tournés récemment sur la prison civile de Cotonou, lors de la dernière visite du président Boni Yayi, de la ministre de la Justice, de celle de la Santé et d’autres autorités. C’est une belle occasion pour attirer l’attention de l’opinion publique sur la condition des prisonniers à travers le pays, de peur de se contenter de coups d’éclats qui ne conduisent à rien de profond ni de sérieux.
Si les pouvoirs publics et spécialement ceux qui ont en charge la justice dans le pays ont une responsabilité importante, les chrétiens doivent aussi se sentir particulièrement interpellés. Car, dans les évangiles, la condition du prisonnier est une image de l’expression des enchaînements spirituels dont le Messie vient nous libérer, et visiter les prisonniers sera un des critères sur lesquels nous serons jugés. C’est pourquoi les chrétiens se sont toujours investis à montrer leur amour pour le prochain en allant dans les prisons. Religieuses et religieux, prêtres et laïcs font de l’apostolat dans nos prisons. Depuis Mgr de Souza jusqu’à Mgr Houndékon, la prison et les prisonniers préoccupent les serviteurs du Christ.
Mais comme s’il en fallait davantage, le thème de la visite du pape nous interpelle tous à frais nouveaux : « Eglise d’Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ». En ce qui concerne la dimension justice, la 14e proposition après la célébration du 2e synode spécial de l’Eglise pour l’Afrique affirme que les chrétiens s’engagent à « être des artisans de structures justes dans nos sociétés, à la lumière de la justice qui vient de Dieu ».
Malgré tout ce qui est fait, la situation dans nos prisons crie à nos consciences que c’est jusque dans ces lieux de grandes vulnérabilités pour nos familles et notre société que nous devons nous préparer à célébrer la visite du pape et accueillir le message qu’il nous apporte. Au nom de notre foi en Jésus-Christ, nous sommes appelés à apporter aux prisonniers de l’eau, des vêtements et notre présence. Mais aussi à aller plus loin encore : nous sommes interpellés à témoigner de notre foi, de manière à contribuer à la transformation de notre société par l’amélioration ou la création de « structures justes ». Même pour les plus vulnérables et les plus dangereux de notre société comme les prisonniers, nous devons promouvoir des «structures justes ».
André S. QUENUM

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Une Etape

L’histoire retiendra que la 6e législature de l’Assemblée nationale du Bénin a voté une loi contre la corruption. L’histoire mettra ce vote à l’actif du président Boni Yayi qui s’en est déjà félicité en attendant d’avoir l’honneur de promulguer la loi. Si tout se passe donc bien, le Bénin sera bientôt en mesure de dire qu’il fait partie des 8 pays de la sous-région qui ont une loi contre la corruption. Après les expressions d’enthousiasme ici et là, les premières heures qui ont suivi ce vote historique, il faut commencer par mettre cet accomplissement majeur en perspective.

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